Thursday, April 5, 2007

Méandres et philosophie le long des cerisiers


Ne perdez pas votre vélo dans le tas...

Cette semaine c'est la rentrée à l'Université de Kyoto, des masses d'étudiants remplissent le campus (assez joli d'ailleurs il me fait penser à celui de Mcgill, mais avec des édifices plus modernes). La foule est bruyante et excitée, des clubs d'activité annoncent leur hobby respectif, genre le tir à l'arc, le tennis, le kendo, le chant. Une belle ambiance collégienne règne sur les lieux. Je jette un coup d'oeil rapide, de ma chambre ca ressemblait à une manifestation politique, mais il ne s'agit finalement que de la rentrée des classes.


Le long du canal des philosophes

Le canal joignant les temples de l'est de Kyoto, près de Yoshida où je demeure, surnommé l'Allée des Philosophes est spectaculaire lorsque sa rive est fleurie. C'est un des hauts lieux esthétiques de cette ville et j'y retourne souvent dessiner.


Méandres à Kyoto

Depuis peu, j'ai abandonné l'idée de chercher du travail pour rester. Je me rends compte que c'est l'inspiration artistique et la pratique du dessin qui sont les points forts de mon périple. Dans une phase d'exploration et d'études, artistiquement parlant, et non de production, rester au même endroit, bien que ca m'aie permis de découvrir certains points discrets de cette belle ville n'est pas nécéssairement l'idéal, je ressens l'appel de nouvelles choses à voir, la route m'appelle quoi...


Je suis fier de ce Sakura (le dessin est disponible dans ce blog, colonne de droite, en haut)

Je dessine le joli cerisier que vous voyez derrière moi sur la photo. Une belle journée après une belle rencontre (sont jolies les hollandaises). Dessiner en public est quelque chose que je n'avais jamais fait auparavant, je suis touché et enthousiasmé de tous les encouragements et compliments que je reçoit de la part des autres touristes, japonais comme étrangers. Des gens prennent une pause dans leur visite pour me dire quelques mots, c'est sympathique.

Nanzen-Ji


La porte colossale devant le temple de Nanzen

Le Sanmon, porte d'entrée du temple Nanzen-Ji, érigée vers 1626 afin d'alléger les souffrances de gens de Kyoto morts dans une guerre (les phantômes japonais apprécient donc l'architecture aussi!) fut aussi la cachette d'Ishikawa Goemon, hors-la-loi légendaire, un guerrier ninja qui dit-on, volait aux riches pour rendre aux pauvres, louangé par le peuple. Comme Robin des bois. Le mythe du voleur au coeur d'or serait lui-aussi très universel.

La légende d'Ishikawa Goemon a une fin tragique (on est au Japon quand-même), reprise dans de célèbres pièces de théatre Kabuki. Goemon fut capturé après une tentative d'assassinat échouée envers l'empereur, qui possédait un bruleur d'encens magique au pouvoir de détecter les intrus. Il fut condamné à être bouilli vivant dans l'huile avec son fils. On niaise pas ici. Mais il sauva son fils en le maintenant hors de l'huile bouillante.

Une autre vue du Sanmon


Branche de Sakura

Une belle citation de Jules Renard en rapport au cerisier:
"Branche de cerisier voluptueuse comme un bras de femme."

(journal, 1894-1904, pendant la mouvance japonisante de l'Art Nouveau qui apprécie particulièrement la sensualité des fleurs)




I love ze Zenglish (I got nothing this time)

Recently I've decided to stop trying to work at a longer-term stay in Japan, and just concentrate on my art, the one really strong point to my adventures. I'm in an "exploring and seeking ideas" phase of artistic production, not production. For this reason, I'm going to finish my month in Kyoto than back to Tokyo for a few days and afterwards, who knows? the road is calling and I'm answering... Thailand for certain and Vietnam as well is a likely candidate.

While I'm still here, I'm enjoying the Sakura springtime in Japan, drawing cherry trees and meandering down the philosopher's alley (pictured above), spectacularly covered in blooming flowers. Drawing in public is a unique experience. I'm touched and emboldened by all the compliments and encouragments I receive from all the other tourists, japanese and foreigners alike.

Drawing in Nanzen-Ji, I've crossed the colossal Sanmon Gate, rumoured to have been the refuge of legendary outlaw Ishikawa Goemon, immortalized in Kabuki plays, because of his tragic ending (this IS Japan after all). Goemon, not unlike Robin Hood, was a ninja warrior who stole from corurpt rich lords to give back to the poor populace. He was caught during an assassination attempt on the emperor, because the emperor had a mystical incense burner that would warn him of intruders. Caught and condemned to being boiled alive in oil with his son, Ishikawa Goemon saved the boy by keeping him out of the boiling oil, while dying himself.

Monday, April 2, 2007

Retour à Fushimi - Geiko - Sakura, le début


Allée de Torii, Sous le soleil de Fushimi


Vers le sommet de Fushimi


Un mystérieux Kitsune ?

En fin de semaine, je suis retourné à Fushimi, j'aime trop cet endroit mystique et ouvert, j'ai fait quleques bons dessins encore et toujours, les portes sans fin ont opéré une transformation profonde dans mon être, que vous pouvez voir dans la précédente image... et si c'était vrai ?


Geiko avec sa belle nuque dégagée

En visitant le canal de Shirikawa avec ces cerisiers, nous croisons cette femme vêtue de kimono, coiffée et macquillée à la manière d'une Geisha. Ou Geiko comme il est plus poli de dire apparamment, ce qui signifie "enfant des arts". Ma partenaire d'études linguistique croit qu'il s'agit plutôt d'une femme vêtue de cette façon pour se faire prendre en photo, elle dit que les Geishas sont plus belles. Mais la nuque dégagée de cheveux et de macquillage, c'est joli non? Maintenant si je pouvais trouver une jeune Maiko pour me flatter les orteils avec de l'huile de thé vert...


Cerisier devant un sanctuaire à Yoshida

Enfin venu le temps des cerisiers, toute la ville est en fleurs, ce n'est que le début, et le soleil n'est pas vraiment de la partie mais je vous laisse sur ces quelques jolies photos fleuries.











The English don't really eat cherry trees do they ?

This weekend I went back t Fushimi, such a lovely place, and my wish to get turned into a fox finally came true ! I also saw plenty of blooming cherry trees (Sakuras, I'm sure you know by now...). Here are some pictures...

Shingon le jour - Shinto le soir


Autel devant la pagode de cinq étages, la tour de bois la plus haute au monde


Cerisier au temple de Toji

Visite du temple Toji, haut lieux du bouddhisme Shingon, une branche japonaise du bouddhisme ésotérique reposant sur l'adoration des mandalas et d'oeuvres d'art. Construit en 796 (afin de protéger la ville de Kyoto pendant ses débuts bouddhistes), Toji possède une impressionante collection de statues et de mandalas. Parmis ceux-ci, un immense mandala est composé de 21 statues! Des bouddhas géants entourés de rois-démons et de boddhisatvas à quatres bras et trois visages, protégés par des divinités gardiennes écrasant des ogres. C'est très intéressant pour un l'amateur d'imagerie fantastique que je suis.


Brahman, protecteur des bouddhas

La veille j'ai fait mes devoirs (de wikipédien) en recherchant l'histoire du bouddhisme au Japon, et j'ai appris que beaucup des représentations artistiques étaient en fait inspirées de l'art grec, porté en orient pas les conquêtes d'Alexandre le Grand. C'est frappant particulièrement pour les représentations des divinités de façon anthropomorphique, c'est à dire de donner un visage humain à ce qui n'en possède pas nécéssairement au préalable. Ne remarquez-vous pas l'influence de l'idéal esthétique grec sur cette représentation ? Cette fusion de l'Occident et de l'Orient est à peu près unique dans l'histoire, mais elle me semble représentative du métissage culturel japonais, pays post-moderne avant le terme.


Cinq divinités chinoises

C'est si beau tout ca que je souhaiterais bien pouvoir dessiner mais au Japon il y a une loi interdisant la reproduction du patrimoine, et le sketching est interdit. Je crois qu'ils souhaitent plutôt préserver leur droit de vendre des cartes postales, livres, posters et autres cossins du genre. Cette interdiction est d'ailleurs à peu près la seule inscription en anglais dans le musée entier. Je suis sensiblement insulté, après verser mes yen durement gagnés, j'apprécierais quelques inscription billingues, il me semble que c'est la moindre des choses.


Jardin de pierre et sa jardinière


Offrande plutôt mignone, je dois avouer


Au moins il y a les doux cerisiers pour me consoler...



Graffiti évocateur d'un certain mal être spirituel japonais ? Le torii shinto en pleurs.

Les journées sont grises depuis qu'elles sont chaudes, dans mon petit coeur aussi, je me pose beaucoup (trop) de questions et la route commence à m'appeler. Je commence à trouver de nombreuses choses agaçantes dans cette culture réprimée et souvent hermétique. Ce n'est possiblement pas l'endroit pour rester une année entière. Je n'ai pas ressenti le grand déclic attendu, et la motivation de me faire une vie ici tarde à se révéler. Depuis une semaine que ca dure, je crois que ce blues est peut-être le deuil de mon idéal japonais. Je l'accepte tranquillement et me prépare à passer un mois artistique sans courir. Le printemps à Kyoto et après la route asiatique ... c'est mon mood du moment.


Sanctuaire Yoshida la nuit


Yoshida, un vrai décor d'histoire de fantômes chinois

Je suis très reconnaissant d'avoir eu la chance de demeurer près d'un sanctuaire Kitsune-Inari assez important. Le Shinto c'est moi, et c'est beau...




Shinto no Anglo ?

Went visiting Toji temple. The original temple was built at mythical Shingon founder Kukai's behest in 796. It contains numerous statues and mandalas. Shingon buddhism is an esoteric branch of japanese buddhism, based on adoration of mandalas and artwork, popular with the nobility. Beautiful stuff, especially the sculptural mandala composed of twenty-one massive statues. Buddhas, Guardian-Kings, Fearful Demon-Kings, noble protective Divinities and Bodhisattvas. (Brahman is one such guardian God).

I would love to draw some of this insane stuff, however once again there are numerous "no sketching" signs all over, supposedly for protecting the patrimonial artefacts, but I suspect it's more to preserve the right to sell postcards, books, posters, and more assorted junk I have to stay away from if I want to keep a semblance of Yen. This interdiction is pretty much the only english to be found in the premises. This is a little offensive, because if I'm going to spend my hard-earned Yen on a museum, I expect some sort of explanation I can understand. Everywhere else but here I guess.

The last point well illustrates my state of mind this past week. I'm realizing more and more that this incredible, beautiful place is not one where I'm to make a long-term life. It's too hermetic and repressed for my taste. This blues I've been feeling, I understand is the grief over one of my oldest dreams. As nothing extremely magical happened (just life in all it's up and downs), I'm leaning towards keeping with my artistic bent, drawing intensively for the month, and then the open roads of Asia are beckoning strongly ...

One last note. I'm so incredibly thankful to live next Tori to Yoshida, such an important Shinto shrine dedicated to Inari and her Kitsune. Shinto is beautiful by day and by night and it's totally me.

Tuesday, March 27, 2007

Ninna-Ji


Votre aventurier à son poste de dessin, position du Lotus, Villa Impériale, Kyoto


Lotus de bronze, Ninna-Ji, Kyoto

Lundi super belle journée en perspective, je me dirige vers l'ouest de la ville pour dessiner et je commence par faire un détail d'une porte de la Villa Impériale. Mon ami Robbie me prends en photo, il trouve que je ressemble à un Boudha. C'est à cause de ma position du "Lotus dessinant"... Mais j'attends toujours l'illumination.



Azalée en fleurs devant un des temples de Ninna-Ji

Non, ce ne sont pas des sakuras, je vous mets l'eau à la bouche avec cet azalée, un sakura c'est encore plus beau il paraît mais l'azalée c'est pas si mal non plus n'est-ce pas ?


Toit de Ninna-Ji, avec Ogres-gardiens


Divinité gardienne de Ninna-Ji

Le temple bouddhiste de Ninna-Ji est voisin de Ryoan-Ji, mais il n'est pas Zen comme ce dernier. Il ressemble davantage à Todai-Ji et je crois qu'il fait donc partie de la même pratique bouddhiste. Les deux temples possèdent des divinités dites "mineures" possiblement d'origine shinto, les dieux shinto étant devenus guardien des boudhas, après l'introduction de cette nouvelle pratique spirituelle.
Robbie part en randonnée dans les bois derrière, mais moi je reste pour dessiner. Je trouve intéressants ces ogres (Oni) en hauts des toits que je retrouve souvent dans l'architecture nippone ancienne. Je crois qu'ils gardent des mauvais esprits, mais ils ressemblent beaucoup à des esprits eux-mêmes... énigme. Je vais en dessiner mais cet après-midi j'opte pour un Bouddha qui tient un bouquet de lotus, dessin élaboré qui me prends du temps. Tellement longtemps que lorsque je termine, je me rends compte que je suis enfermé dans le temple ! C'est bien, on nous laisse tranquille, c'est drôle de chercher la porte de sortie d'à côté quand on a perdu la notion du temps...






Bloggin' for Blokes

Monday morning looks like a beautiful day, I decide to go on the west side, back where Ryoan-Ji the Zen temple was, to see the ogres of Ninna-Ji... Robbie decides to come with me, he's gonna go hiking near there. He takes a picture of me drawing a door to the Imperial Palace, he's joking around, telling me I look like a buddha... do you see me with my "Drawing Lotus" style ? I have yet to achieve any great illumination however... the drawing buddha, I sit still longer than any monk anyway.

In Ninna-Ji I take a picture of this flowering tree, this is "just" an Azalea, far from spectacular like the Sakura I hear, just to hype it all up... still pretty, non ? Speaking of buddhas I draw one holding a lotus bouquet during the afternoon, it's a difficult involved drawing, and when I'm done doing all the details I look around, and I find myself locked in the Temple ! It's quite interesting searching for an open side exit, while getting funny looks from the staff inside... the Drawing Buddha, lost in Ninna-Ji...

Friday, March 23, 2007

Higashiyama Hana Tõro - Concert Buyo - Lac Biwa

Mardi soir je suis allé dans Higashiyama et Gion, les anciens quartiers Geisha et traditionnels de la ville. Durant le festival des lumières et des fleurs (Higashiyama Hana Tõro), des milliers de lanternes sont placées dans les rues et allées de ces deux quartiers.


Lumières autour de l'étang, Temple Shoren-In


Forêt de Bambou (au look apocalyptique), Shoren-In


Mur éclairé de bleu, toujours à Shoren-In

Pour l'occasion de ce festival, les temples sont ouverts le soir. Les lumières à l'intérieur de Shoren-In snt époustouflantes, en quantité incroyable et parfaitement agencées avec les environs. Le mur enturant le jardin, en bleu ci-haut, alterne entre le bleu et le doré. C'est très beau, si romantique, que j'en viens un peu mélancolique à déambuler seul. Je quitte donc le temple pour arpenter Gion. Je ne vois pas de geisha, juste une apprentie, une "maiko", accompagnant un businessman. Je trouve ca un peu "creepy", le vieux businessman et la jeune Maiko, mais y'à juste les businessmen qui peuvent fréquenter les Geiko, pas les petits artistes comme moi... Plus tard je croise une procession étrange.


Mariée Kitsuné procédant vers le sanctuaire

Dans un chariot rouge vif, une fille vêtue de blanc, masquée en renard et entourée d'une procession imposante, chemine vers un sanctuaire Shinto. J'apprends que les mariées font souvent un pélerinage de la sorte la veille du marriage, le blanc de ses vêtements symbolisant la mort de son ancienne vie. Demain elle sera vêtue de rouge, pour la naissance, selon la tradition Shinto, qui n'est plus très en vogue de nos jours, les filles préférant se marier à la chrétienne. C'est la grosse mode ici allez savoir... Elle porte le masque de renard, puisqu'en tant que serviteur d'Inari, Kami de la prospérité et de la fortune, il est censé éloigner les mauvais esprits. Il porte chance de suivre la procession jusqu'au sanctuaire, apparemment, ce que je fais. Friand des histoires de Kitsuné, je sais que nombreux marchands et samurais ont mariés des renards par erreur dans les contes japonais, ceux-ci pouvant prendre la forme d'une jolie jeune femme. Mignon, n'est-ce pas ?


Percussionistes Taiko en action

J'ai terminé la soirée avec un concert de tambours traditionnels, le Taiko. Ils étaient bons, trois percussionistes et une chanteuse. Les trois gars se relayaient lors des passes plus énergiques.


Nihon Buyo

Le lendemain matin, départ pour Osaka, j'ai été invité à un concert de danse et de musique traditionnelle, le Buyo. Arrivé juste à temps 5 minutes avant le début, je m'asseois dans le fond, mais je vois un visage québécois particulier, qui me fais signe. C'est mon ami Charles-Éric! Il n'était pas sensé pouvoir être là mais finalement il a réussi à se libérer. Bonne chose, il me présente à ses amies japonaises, donc Aiko, celle qui m'avait invité, et dont la mère performe cette journée.

Je suis vraiment privilégié des fois, ce concert est fantastique. Je connaissais un peu la musique traditionnelle japonaise, introduite dans un de mes cours de musique à l'université, mais je sais pas si l'enregistrement présenté faisait dur ou quoi, mais c'était loin d'être aussi bon que cette journée. J'avais peur que ce soit répétitif et ennuyant mais ce ne fut tellement pas le cas. Pendant six heures, diverses vignettes sont présentées, et les musiciens se relaient en changeant de configuration d'orchestre. C'est une succession de flutes, de shamisen (la guitare japonaise à trois cordes), de koto (l'énorme instrument à cordes chinois ressemblant à une sitare) de tambours et de voix qui enchantent mon oreille la journée durant.

Et que dire des danseuses Buyo, macquillées de blanc, coiffées de perruques éllaborées, mais surtout vêtues de kimonos incroyables, qu'elles changent deux voir trois fois par vignette. Elles sont impressionantes de précision et de beauté gestuelle. Je comprends pas trop le sujet des histoires, mais je crois que personne ne comprends vraiment, un peu comme pour l'opéra. D'ailleurs la plupart des hommes dorment, à part les deux ou trois connaisseurs qui crient "Sugoi" lors d'un coup de tambour opportun. Particulier. À l'entracte je suis invité à l'arrière-scène, pour une petite scéance de photos et de remerciements à la nipponaise. J'attends les photos d'Aiko que je vous montrerai plus tard. Culturellement saturé je rentre à Kyoto.


Le hall de la station de Kyoto


La tour de Kyoto, de jour...


... et de nuit.

Kyoto est une belle ville, comme vous l'avez surement constaté dans mes rubriques. Elle est surtout réputée pour ces temples et son architecture ancienne, mais elle possède aussi un centre-ville moderne et une vie nocturne (que je découvre tranquillement). En général elle se cuche tôt, mais dans les bars on peut boire toute la nuit, si l'établissement reste ouvert, ce qui était le cas pour le bar techno, et pour le pub irlandais lors de la Saint-Patrick. Dur sur le foie comme sur le portefeuille.

Par contre, la région du Kansai, c'est un peu comme le mid-west américain où on découvre le vrai visage des japonais. La semaine dernière, j'ai subi quatre contrôles policiers en sept jours, la dernière fois ou ca m'arrivait, j'avais les cheveux longs et j'habitais dans le voisinage de la prison Bordeaux. On a le gaijin à l'oeil ici je vous dis... Mon coloc et moi nous sommes aussi vus refuser l'entrée à un restaurant (Futari Gaijin? Nous sommes fermés! Trous d'culs). Ce genre de racisme ne serait jamais toléré à Montréal et c'est une très bonne chose.

Biwa


Phare octogonal, sur la rive du Lac Biwa

Jeudi, petite excursion à Otsu et au Lac Biwa, le plus gros du Japon. Pas grand choses à dire c'est un lac. Il est gros. C'est beau.




Fresh English Fresh Fish

Wednesday I went to Higashiyama Hana Tõro, a festival of nightlights and outdoor exhibit of Ikebana (Flower arrangment) and lanterns. The lights were very pretty, the ambiance romantic, me melancholy, suddenly. I wandered the alleyways of Gion, where I only saw one young apprentice-geisha (a Maiko) and some creepy businessman. Temples were open at night, which was fun, but the best part was running into a wedding procession where a girl dressed in white and masked like a kitsune was paraded around, making her way to the Shinto Shrine to get blessed before her wedding the next day, when she would be dressed in Red. Apparently it's good luck to follow the procession so I did.

I was fascinated because of my attraction for fox-stories. In Japan, the Kitsune often takes the form of a young courtesan to seduce and test the resolve of monks or the virtue of honest craftsmen. In folktales, many a young samurai marries a Kitsune by error, and much embarassment ensues. This Kitsune-Bride is quite cute, don't you think?
The next day, I went to see a traditional music and dance form of Japan, Buyo. The classical orchestra was awesome, Shamisen (guitar) Koto (chinese sitar, as seen in the movie "Kung Fu Hustle"), percussions, flute and voices. The music was offset beautifully by intricately-clad dancers in their bright changes of Kimono, elaborate stage-effects and enough costume changes to make you dizzy. Culturally saturated, I made my way back to Kyoto.

On Friday I went to Lake Biwa, the largest in Japan, with my roommate Robbie, to celebrate "Wandering Caribou Day". Lake was big. It was nice.

Wednesday, March 14, 2007

Kyoto-Ryori

(cuisine de Kyoto)

Mercredi midi, je me pointe chez Mme. Emi Hirayama , pour son cours de cuisine japonaise. Je lui avait signifié mon intérêt pour la cuisine locale, la Kyoto-ryori, fortement inspirée de la Shoujo-ryori, la cuisine végétarienne des moines Zen. Le bouddhisme japonais étant centré historiquement sur Kyoto, ce n'est pas surprenant. C'est d'ailleurs pourquoi vers 1600, le Shogun déplaça la capitale sur Edo, moins près de l'influence des moines, puissante force politique et militaire à l'époque. Ce fut la fin de Kyoto en tant que centre du Japon et l'essor d'Edo, maintenant nommée Tokyo. Bon, assez de leçon d'histoire, place à la bouffe!

Après nous être rencontrés et introduits, je me rends compte que j'aurai droit à un cours privé. Nous nous dirigeons au supermarché du coin, et elle me présente les produits locaux et réponds à quelques questions que je me posait, surtout par rapport au légumes marinés, spécialité locale. Nous achetons les produits et nous rendons ensuite à son domicile oû nous passerons l'après-midi à préparer trois plats. Elle me montre vraiment la base et j'apprécie incroyablement cette unique opportunité. Par la base je veux dire qu'elle me montre même sa méthode pour faire du riz! Elle me montre aussi comment mariner du gingembre et du daikon, ce genre de gros radis blanc très bon marché dont je n'avais aucune idée quoi faire avec.

Je vous donne le menu, pour que vous saliviez avec moi;
-Riz au Gingembre et Shiso
-Soupe légère avec crevettes emballées en papier de feuille de Tofu
-Shira Ae (Salade d'Épinard avec Sauce au Tofu et Sésame)

Peut-être que certains d'entres-vous feront bjeurk! pas du Tofu, mais il est totallement clair que je n'ai jamais gouté un aussi bon plat à base de Tofu. Le Shira Ae est en fait une sorte de sauce oû le Tofu sert de base, il est réduit en purée avec de la pâte de sésame. Le bouillon quand à lui est la base de tout les bouillons japonais, il peut servir à faire de la Miso ou du bouillon pour les nouilles Udon. Nous préparons le tout longuement, pendant qu'elle m'explique les variétés de légumes, condiments et autres aliments que nous utilisons. Le miso blanc de Kyoto est tellement doux et sucré que j'en mettrait sur mes toats!

Elle me pose des questions sur le Québec, et sur Monsieur Carnaval, dont elle me demande le nom. Je lui dis que les ados aiment sacrer une volée à ce Mr.Carnaval. Les japonais ont largement visités la ville de Québec, mais jamais Montréal, semble-t'il. Nous cuisinons et discutons longuement. Elle me complimente sur mon savoir et mon adresse en cuisine. Je suis aux anges. Dans cette belle maison, à apprendre directement de la source. Nous terminons, et donc à table!

Nous nous installons, après avoir photographié nos plats. Kyoto à la réputation d'avoir une cuisine raffinée et délicate, que certains japonais (et les américains) trouvent un peu fade, paraît-il. Moi je trouve ca d'un raffinement et d'une subtilité extrême. La soupe est servie dans un bol couvert mais ce n'est pas pour garder la chaleur, qu'elle m'explique, mais pour préserver l'effet de "suimono", pour piquer et éveiller le sens de l'odorat. Elle m'explique ce genre de choses en me servant de l'umeshu, sorte de liqueur de prune, et plus tard du thé vert, le meilleur que j'ai jamais bu en passant. Elle me traite comme un chef invité, je me sens la tête grosse comme le monde, c'est ca le secret de l'hospitalité japonaise, l'un d'eux tout de moins...

Nous nous quittons en promettant de nous revoir, j'apprendrais à faire les sushis correctement la prochaine fois, à suivre passionément.




Kyoto-Ryori cooking lesson

On wednesday I show up near the house of Ms. Emi Hirayama, for a private lesson in Japanese cooking, centered on Kyoto-Ryori, the bouddhist inspired vegetarian inclined, Kyoto cuisine. We first go shopping and Ms. Emi explains the difference between Kyoto and Tokyo cooking and the local varieties of vegetables that Kyoto is so proud of.

At her (very nice) house, I meet her family, and we set up to preparing three vegetarian dishes(with fish, so it's not strictly so). Really basic stuff, she even shows me the japanese way to make rice, gives you an idea. I also learn how to pickle ginger and daikon. The delicate cuisine of Kyoto is largely inspired from Shoujo-Ryori, or Zen cooking, it's high-class stuff, believe me!

The menu:
-Rice with ginger and shouso (mint-like herb)
-Clear soup with Prawns wrapped in soymilk-skin leaves
-Shira Ae (Spinach served with a tofu and white miso and sesame dressing)

Does it make you hungry! Soymilk-skin leaves are the highest source of protein known to man, and it's delicious in the light broth, which is made from Kombu (an Algae) and Bonito, punched up with some Mirin, Sake and Soushu (soysauce). Like Keanu Reeves in the Matrix I can now say ; "I know broth". Broth is my kung-fu! The Shira Ae is out of this world, Kyoto white Miso is so sweet and delicate I would spread it on toast! I promise to make you some, if you're very nice.

All afternoon we cook slowly, I learn tons. I feel like some Jamie Oliver, young chef-at-large. She serves me a few varieties of teas, and when we set down to the table, she serves me "Umeshu", japanese plum liqueur. Another interesting japanese experience, as for the first time, I get a real taste of Nipponese hospitality. The food is insanely good, very delicate and refined. Apparently Tokyoites (and Americans) find the stuff on the bland side but not me, I love it! We eat, have some dessert where she shows me the basics of tea ceremony, and say goodbye, promising to meet again, when she will show me how to properly prepare Sushi. To be continued, passionately yours...

Nara

Lundi matin, je saute sur mon vélo et je me dirige vers Kyoto Station pour prendre le train Kintetsu, direction la ville de Nara. En attendant la verte au coin de la rue Kawaramachi, un policier débarque de sa voiture blache et noire, contourne cinq autres japonais attendant en vélo, j'ai un mauvais doute, confirmé quand il s'arrête vers moi et me dis sumimasen, ?%&*(!#$%?&(!. en regardant mon vélo.

Euh... de répondre. (En fait, je voyais bien la gaffe venir). Je pointe vers mon numéro d'enregistrement. Il sourit et répond; %?&*!#$%!&*%, namae desu ka? Ma-ruku, je réponds. Il appelle la centrale, pendant que je fouille dans mon portefeuille et par chance trouve mon enregistrement pour ladite bécane. Je lui montre, il sourit encore, replie mon papier et me souhaite une bonne journée (je crois). Ouf! Heureusement que je l'avais ce papier-là, le temps fou que j'aurais perdu sinon. Au moins il semblait très poli, sans cette fausse gentillesse condescendance dons les policiers montréalais me font régulièrement preuve. Je me suis quand même senti un peu "profilé", on vérifie les gaijin à vélo dans cette ville. Je me dépêche de partir, peut-être que Kyoto tente de me retenir comme toutes les grandes villes font lorsqu'on veut les quitter...

Dans le train c'est au tour du contrôlleur de venir à ma rencontre. Vraiment pas ma chance avec les autorités cette journée-là... Ah, je suis rentré dans le mauvais train et je suis en première classe-express ? Désolé, il y aura des frais...500 yen ? d'accord pas de problème ... Bon coup finalement, puisque cet express arrive une heure plus tôt que prévu à Nara. Les autorités Nippones... y'a rien là finalement!

À Nara je m'oriente et me dirige vers son immense parc, attraction centrale ou je passe la journée avant de voir l'Omizutori, la surprise mentionnée dans la rubrique précédente. Une dame dans le train m'a conseillé de me présenter tôt au temple en question, mais il me reste des heures encore et je déambule dans le parc.


Pagode à quatre étages de Kofuku-Ji

À Kofuku-Ji, je réalise un dessin exceptionnel lorsque les moines me permettent l'entrée dans l'un des autels destinés à l'offrande et la prière. Qui plus est, lorsque l'un d'eux s'asseoit pour réciter un Sutra, je le dessine lui aussi, ce qui ne le dérange pas, au contraire il est très encourageant. Je reste le plus longtemps dans ce lieu magique, jusqu'à ce que mes pauvres petits pieds gelés crient "assez!" Ici on se déchausse toujours, bien sur, même en hiver. Je vais encrer et vous montrer le résultat bientôt.


Shika (chevreuil) dans une allée de lanterne vers le Sanctuaire de Kasuga

Le parc de Nara est un immense sanctuaire pour des centaines de chevreuils, messagers des Dieux dans la culture spirituelle Japonaise, toute confession confondue. Paraît qu'en été ca sent le p'tit chevreuil pas mal fort à Nara... Ils sont très mignons, et surtout très habitués à la présence humaine, et gras de toute la nourriture qui leur est offerte par les touristes. Ils sont aussi acharnés que des pigeons quand ils ont faim d'ailleurs, c'est rigolo de voir les filles et les enfants tenter de fuir un daim trop persistant!


Vue de "l'intérieur" de Kasuga

Kasuga est le Sanctuaire Shinto le plus photographié et utilisé dans les films, mais moi je suis surtout impressionné par les allées de lanternes et les cèdres anciens qui bordent son approche. Dans le sanctuaire, il y a une genre de convention semble-t'il, mais je ne trouve pas personne ne pouvant m'expliquer ce qui se passe. La graduation des jeunes, la retraite d'un ancien, l'anniversaire des lieux...Mystère. J'abandonne pour me diriger vers l'aussi impressionant Todai-Ji, ce parc est défnitivement un incontournable de la région du Kansai (Kyoto-Osaka-Nara-Kobe).


Votre aventurier devant la porte de Todai-Ji, c'est grand, non?

Il y a deux divinités mineures qui gardent chaque côté du passage gigantesque. Regardez le groupe d'étudiants en noir sous la porte pour vous faire une l'idée de l'échelle. Des portes de ce genre ont historiquement servi de refuge pour des hors-la-loi célèbres fuyant les autorités.


Le grand Daibutsuden (cathédrale bouddhiste) de Todai-Ji

Ce bâtiment, déclaré patrimoine mondial par l'UNESCO, est la plus grande structure en bois au monde, mesurant près de 50m en hauteur! Plus du double de la porte photographiée plus haut, elle même aux proportions démesurées à 19m. Le tout sans l'ombre d'un seul clou. C'est irréel je n'arrive presque pas à croire ce que je vois. Il abrite le plus grand Bouddha du Japon, Vairocana, bâti lors de la période Nara, vers 752, qui nécéssita des centaines de tonnes de bronze, de mercure et d'huile végétale pour sa construction. Sa tête s'effondra à plusieurs reprises lors de tremblements de terre mais le reste demeure généralement inchangé depuis.


Le grand Bouddha Vairocona

Devant Vairocona, je me sens si étrange... si affecté... ému aux larmes sans trop savoir pourquoi, je contemple et je lis la description de ce qui est décrit sur les gigantesques pétales de lotus. Je ne peux écrire davantage sur ce sujet mystique. Il y a beaucoup à voir dans ce lieux, Vairocona est entouré de deux immenses Bosatsu (Bodhisattva en Indien, êtres ayant reçu l'illumination) et courronné de douze autres Bosatsu, le tout en or.


Tamonten, divinité mineure, tient la garde avec son partenaire Koumokuten, derrière le grand Bouddha. Remarquez la pagode qu'il tient dans sa main, symbolisant sa puissance.

Dans Todai-ji je réalise quelques dessins, mais pas le grand Bouddha, je n'ai pas le temps et sa présence est bien trop imposante. Je réalise des esquisses du pot de lotus que vous voyez à la gauche de Vairocona et un tambour orné de lotus, de feu et d'eau. Très à propos, puisque l'Omizutori, object principal de ma visite, est un rituel de purification bouddhiste (le lotus) par le feu et l'eau. Je vous raconte.

L'Omizutori est un rituel ancien de purification ou pendant 13 jours lors de Février (dans le callendrier lunaire, nous sommes maintenat en Mars bien sur, je suis pas si perdu que ca!) les moines montent la garde et puisent l'eau du lac sacré et la mélangent à l'eau puisée lors des années précédentes. Ce rituel annuel est répété sans interruption depuis maintenant 1269 ans. Pendant quelques soirs dont ce soir, une vigile de 10 torches est respectée et le feu symbolise la purifications des maux du mondes, en honneur de Kannon, la déesse de la miséricorde.
J'arrive donc à l'enceinte de Nigatsu-Do, autre temple, voisin de Todai-Ji, vers cinq heures. C'est déjà plein de gens. Mais la vue semble bonne. Dans mon guide il y a une image oû le temple entier semble illuminé par le feu, prometteur. Il fait un froid de canard et j'entrevois l'attente de deux heures et demie avec appréhension. Je me mets à discuter avec un homme agé qui était un ingénieur nucléaire, maintenant retraité. Il m'explique un peu ce dont il s'agit et semble intrigué par mon niveau de connaissance de la culture nipponne. Toujours aussi flatteur... Merde qu'on se les gèle. Je me rends compte que je suis exactement dans la moyenne de taille comparé aux gens autour et je me fond dans cette masse immense. Ca change de pas être le petit, pour une fois.

Sept heures trente approche, les lumières s'éteignent. Un murmure court parmis la foule, depuis un momentdéjà une odeur de bois brulé nous assaillit. Soudain nous apercevons une torche plus petite, que mon interlocuteur m'avait signifié annonciatrice du rituel. Trois fois des petites torches puis les douze grosses. Mais là je dois m'avouer finalement un peu déçu. La maudite photo du guide était prise en "time-lapse" et il n'e s'agit pas d'une impressionante démonstration pyrotechnique comme je croyais mais de quelques moines agitant des grosses torches et les promenant comme des marionnettes. C'est beau mais je m'attendais à plus.


Torche agitée sur le balcon de Nigetsu-Do


Qui plus est, après seulement deux torches et dix minutes, nous devont quitter les lieux! En effet, la prochaine batch de Japonais suit derrière et nous devons céder la place. Heureusement que j'avais été averti par mon ingénieur nucléaire (ca sonne bien cette tournure "MON ingénieur nucléaire". à bord de MON astrobase5...). Sinon j'aurais été en furie. Bah! J'imagine que c'est l'attente qui vaut le coup, l'anticipation, le parcours... Je traverse le parc en noirceur, je nourris un dernier chevreuil du restant de mes biscuits fourré à la pâte de fêves sucrée, et je retourne, sans prendre l'express première classe cette fois-ci, et environ deux heures de train et de vélo plus tard, j'arrive chez-nous dans mon Yoshida bien-aimé. Belle journée, quelque peu anticlimatique vers la fin, mais quelle belle visite en général, Todai-Ji et les chevreuils.







Eigo Onegai-Shimasu (in English please!)

Monday morning I've decided to check out Nara, so I hop on my mama-bike, and head towards Kyoto station. On the way, I go through my first japanese police control. Yipee! I had a bad feeling when I saw the guy head straight for me ignoring all the other (japanese) cyclists. He starts to ask my name and when I point to my bike's registration sticker he calls up central. I'm in luck because I have my registration paper, which the bikesalesperson wisely told to keep on myself. One lok at the paper and he smiles, apologizes and waves me on my way. At least they are nice about it here, unlike in my hometown of Montreal, where they positively reek of condescension. But I still feel racially profiled and quickly head out of town!

On the train I'm controlled again, this time it's my fault however, I hopped onto the first class express by mistake, so the guy presses a few buttons on his portable thingie and charges me 500yen(5$). Turns out to be a good thing because I arrive an hour earlier in Nara, with more visiting time.

Nara park is a big complex of temples and sanctuaries, and is also home to hundreds of deer, messenger of the gods in Nipponese spirituality. Apparently in summer these messengers really smell up the place but it's still so cold now it's ok. I draw a few, and also do an exceptional rendering of a chanting monk under under an ornate lamp, he obligingly let me into his shrine and signified that me staying there all day to sketch was completely fine by him. After a while however my cold feet prtest too loudly so I have to leave. I visit more shrines, take a few pictures, eat up some of the stall food. And make my way to Todai-Ji.

Todai-Ji is a huge, and I mean HUGE temple, declared world heritage site by UNESCO, and the largest wooden structure in the world. In the pictures, I'm standing in front of the gate leading into it, this one measures 19m and you can check the scale by looking at the group of students dressed in black standing under it. The Daibutsuden (the temple itself) is gigantic at 50m in height, it's unreal how big it is, it's just about the same as Notre-Dame cathedral in Paris. And to think that this structure doesn't have a single nail driven into it...

When I step inside I must confess a very peculiar feeling takes me over and I am overwhelmed by emotions. Tears well up in my eyes as I contemplate the largest Buddha statue in all of Japan. It's all very beautiful and mystical again, I stand in the middle of all these buddhists, not one of them, but sharing an intense experience with them. I sketch some more, and move on to Nigetsu-Do, for my reason in visiting Nara is Omizutori, an ancient ritual of purification by fire and water, in honour of Kannon, goddess of mercy, performed annually without fail for 1269 years now.

After getting at Nigetsu-Do, I wait for two and a half hours in the middle of thousands of japanese. Hey I'm really of average height in here! It's nice for a change not being "the short guy" like in america. I chat it up with a retired man who used to be, get this, a nuclear engineer, only in Japan...

Our balls are solidly frozen when the lights go down and a lone torchbearer announces the start of the ritual. Three times, monks bear smaller torches up and down the stairs to the Temple balcony. Afterwards one huge torch is carried up the stairs and waved around for a long time on the balcony, followed by... another identical torch. That's it? I don't get it... After ten minutes and only two out of the twelve torches we have to make our way to liberate the space for the next thousand of people behind us. From my guidebook and the "spectacular" reviews online, I was expecting some great pyrotechnics show, turns out it's all time-lapse photography on the pictures I've seen. Thankfully my nuclear engineer (don't you just love that phrase "my nuclear engineer", on my astrobase5...) had warned me we would only be allowed to stay a short while or I would have been frothing at the mouth!

Guess we have more maple to burn back home because I've seen much bigger bonfires than here. Oh well, I make my way home through the darkened park, feeding a lone elk my last sweetbean-filled cookie (she likes) and two hours or so of train and bike riding I'm back in my sweet home of Yoshida. But still, two hours and half of freezing my gaijin ass for ten minutes of a guy waving a burning stick around seems a little much... I guess the waiting, the expectation, the journey is what mattered. After all, a rather anticlimactic finish to a great afternoon however... Later my friends...